Entretien avec Guy Novès
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14/01/2009
Où en est le groupe du point de vue des blessés ?
Finau Maka est toujours indisponible, comme Yves Donguy. David Skrela est en voie de guérison mais en a encore pour une bonne quinzaine de jours. Maxime Médard a ressenti une douleur près du genou à Dax, et on l'a immédiatement sorti pour le préserver. Ce sera encore le cas ce week-end, et Benoît Lecouls, qui se plaignait des cervicales à l'issue du match, sera aussi au repos face à Glasgow.
Pour ces deux derniers, ils pourraient peut-être jouer, mais nous préférons les laisser récupérer totalement. Quant à Thierry Dusautoir, qui s'est fracturé le nez il y a dix jours, on devrait à priori le laisser souffler ce week-end.
Quelle est l'importance de ce match face à Glasgow ?
Il est évidemment capital, puisqu'il peut nous permettre d'être qualifié pour les quarts de finale dès samedi, en tant que meilleur second. Puis nous serons dépendants du match de Bath, qui joue le lendemain, ce qui est intéressant pour eux.
Tout au long de cette Coupe d'Europe, Bath a d'ailleurs joué un jour après nous... Logiquement, Bath devrait l'emporter logiquement à Newport, et cela nous obligera à aller faire un résultat là-bas.
Glasgow représente-t-il réellement un danger ?
Bien sûr. Quand on voit le résultat de Glasgow à Bath, il y a lieu d'avoir des craintes, puisque Glasgow menait 14 à 9 après 43 minutes de jeu. A l'arrivée, ils perdent de peu chez une équipe qui est peut-être la meilleure du moment en Angleterre. C'est une formation qui ne lâche jamais rien, et le week-end dernier, ils n'ont perdu que deux points à l'extérieur, à Newport.
Au match aller, nous avons nous mêmes eu des difficultés : nous gagnons 22 à 16, et ils reviennent très fort en fin de partie. C'est une équipe composée d'internationaux, qui jouent en ce moment leurs places pour le Tournoi. Nous sommes conscients que même s'ils ne sont plus en position de se qualifier, ils joueront le coup à fond.
Quid de la série de victoires, qui s'est prolongée à Dax ?
Nous ne sommes pas programmés par rapport à une série quelconque. Nous n'en parlons jamais dans le vestiaire. Nous allons passer d'un championnat où c'est vrai, tout va bien pour le moment, à une compétition européenne. Pour avoir participé à toutes les éditions de la H Cup, nous la connaissons particulièrement bien. On sait que le niveau s'élève et que le comportement et l'implication du staff, joueurs et entraîneurs, doivent être supérieurs. On se prépare donc en conséquence.
Mais on ne calcule pas si on joue ce week-end pour accrocher une quatorzième ou quinzième victoire consécutive, je ne sais même plus. Le but, c'est de gagner, puisque si c'est le cas, nous sommes quarts de finalistes.
Tu as poussé un gros coup de gueule à la mi-temps du match à Dax. Es-tu plus exigeant avec les joueurs compte tenu de la bonne passe actuelle ?
Pas du tout, vous pouvez le leur demander. Le propre d'un entraîneur, quand il considère, avec tout le respect que l'on a pour l'adversaire, que son équipe est en train de se faire battre parce qu'elle ne joue pas à son niveau, est de réveiller ses joueurs. En appuyant là où ça fait mal, ce qui m'arrive très rarement. Mettre en alerte les joueurs en jouant sur leur orgueil avait pour but d'élever notre niveau en deuxième mi-temps pour remporter cette rencontre.
Si nous avons des exigences, elles sont axées sur la qualité du jeu. On parle d'améliorer notre rugby plutôt que d'évoquer des records. Après un match, on fait des critiques constructives pour expliquer ce qui n'a pas marché. Pourquoi tel mouvement n'a pas marché : est-ce qu'on est en retard, est-ce qu'on est mal placés, est-ce qu'on n'a pas regardé... C'est cela qui nous anime chaque semaine : travailler sur le détail pour nous améliorer.
En cinq mois, le jeu de l'équipe a donc progressé ?
Enormément. Nous perdons le premier match à Montpellier, et au match retour, on a vu qu'il y avait une différence aujourd'hui avec cette période-là. Le groupe a progressé dans tous les domaines, à commencer par le physique, ce qui est logique étant donné que la courte intersaison ne nous a pas permis de travailler là dessus comme on l'aurait souhaité. Dans ce secteur, on a attaqué la saison 2009 comme des amateurs, comme si nous étions revenus 20 ans en arrière.
Mais c'est quelque chose que tu sais gérer ?
Oui, tellement bien que nous avons perdu deux matchs en début de championnat. Mais après, le travail physique, sur les lancements, la mise en place, l'organisation fait que les gars retrouvent leurs repères.